20261004 Genèse 45: 25a – 47: 31 — La bénédiction de Dieu dès maintenant, pour tous, pour l’éternité.

 Genèse 45: 25a – 47: 31 — La bénédiction de Dieu dès maintenant, pour tous, pour l’éternité.


La Genèse est fascinante. Elle fait partie des Saintes Écritures chrétiennes. Elle nous enseigne qui est notre Dieu, quelle est notre identité, quel est le sens de notre vie, quel est notre problème de péché, et quelle est la rédemption offerte par Dieu. J’ai trouvé très instructif de voir comment l’histoire d’Adam et de ses fils dans Genèse 1 à 5 se répète dans la vie de Noé et de ses fils dans Genèse 9 à 11. Ensuite, ces mêmes cycles se répètent dans la vie d’Abraham et de ses fils, puis d’Isaac et de ses fils, et maintenant de Jacob et de ses fils. Ces répétitions sont un véritable cadeau, car elles nous apprennent à reconnaître ces mêmes schémas dans nos propres vies. Le péché commun à chaque génération dans la Genèse est aussi le nôtre. Nous continuons de convoiter et de prendre ce qui ne nous appartient pas, cherchant la joie et le bonheur sans Dieu dans de faux Édens ou à travers des idoles. Le péché reste bien présent, mais la promesse de salut de Dieu demeure elle aussi. Le schéma des promesses et du salut de Dieu pour chaque génération est toujours valable pour nous aujourd’hui. Nous nous détournons de Dieu, nous cherchons à vivre sans lui, nous provoquons le chaos dans nos vies, et pourtant Dieu promet toujours de sauver ceux qui reviennent à lui. La répétition de ces schémas nous invite à recevoir le livre de la Genèse comme la Parole de Dieu. Ce n’est pas seulement l’histoire des origines du peuple d’Israël. La Genèse est bien plus qu’un recueil de récits épiques accompagnés de quelques leçons de morale. La Genèse est la Sainte Écriture. C’est la parole de Dieu adressée à son peuple pour nous convaincre de nos péchés, afin que nous placions notre confiance en lui et que nous trouvions la vie auprès de lui.

Nous avons déjà relevé de nombreux schémas dans ce récit sur les fils de Jacob.[i] Dans Genèse 45:25 à Genèse 47, le thème principal est la bénédiction de Dieu. Notre texte rappelle trois leçons fondamentales concernant la bénédiction divine. Premièrement, Dieu bénit son peuple. Deuxièmement, le peuple de Dieu est béni pour être une source de bénédiction pour les autres. Troisièmement, la bénédiction de Dieu s’étend même au-delà de la tombe. La bénédiction accordée à Israël est présentée en reliant plusieurs fil conducteur : le jardin d’Éden, l’arche de Noé et le pays de Goshen. Le thème de la bénédiction pour les nations traverse toutes les générations, d’Adam à Noé, puis d’Abraham à Isaac et Jacob. Enfin, l’idée d’une bénédiction divine qui surmonte la mort se manifeste à travers la fin de vie d’Abraham, d’Isaac et maintenant de Jacob.

En une phrase, Genèse 45:25 à 47:31 parle de la bénédiction de Dieu pour Israël, pour les nations et pour l’au-delà. Cela nous concerne directement, car nous découvrons la bénédiction de Dieu pour nous, notre rôle dans cette bénédiction à travers notre mission, ainsi que la promesse d’une bénédiction divine qui dépasse notre vie terrestre.

Genèse 45:25b-46:30 — La bénédiction de Dieu pour son peuple et notre propre bénédiction

Gen 45:25b-46:30
Dans Genèse 45:25, les frères de Joseph suivent ses instructions. Ils remontent vers la Terre promise pour aller chercher leur père Jacob. Genèse 45:26 résume le basculement d’Israël, qui passe d’une mort certaine à une vie retrouvée. Dans Genèse 45:26, les frères de Joseph annoncent à Jacob que Joseph est toujours vivant. Son cœur se glace ou s’arrête de battre. Mais lorsqu’ils lui rapportent les paroles de Joseph et qu’il voit tout ce qu’ils ont ramené d’Égypte, Jacob reprend vie ![ii] Ce qui s’est passé pour Jacob sera vrai pour toute sa famille. Ils étaient promis à la mort à cause de la famine, mais ils vont vivre et se multiplier en Égypte sous la protection de Dieu.

Genèse 46:1-30 raconte la descente de Jacob et de sa famille en Égypte, ainsi que les retrouvailles entre Jacob et Joseph. Durant le voyage, Jacob offre des sacrifices à Beer-Schéba. Dieu s’adresse à Jacob dans une vision en Genèse 46:3-4. Dans cette vision, Dieu renouvelle trois promesses à Jacob. Il s’agit de la promesse d’une descendance, quand Dieu dit : « Je ferai de toi une grande nation », de la promesse de sa présence : « Je descendrai moi-même avec toi en Égypte », et de la promesse de la Terre : « Je te ferai aussi remonter de ce pays ». Ces promesses concernant la descendance, la présence divine et la terre sont exactement les mêmes que celles faites autrefois à Abraham et à Isaac.[iii]

Application
Pour nous, la répétition de ces promesses montre à chaque génération du peuple de Dieu que Dieu reste toujours fidèle à sa parole. Ces promesses sont renouvelées pour chaque génération, ce qui signifie qu’elles sont tout aussi vraies pour nous aujourd’hui. En tant que chrétiens, nous vivons après la venue du Christ. Les bénédictions promises à Abraham annonçaient l’annulation des conséquences du péché décrites dans Genèse 3. En Christ, Dieu a accompli ces promesses, de sorte que nous goûtons déjà à une forme de retour en Éden. Nous jouissons des bénédictions édéniques : l’harmonie avec Dieu, la paix intérieure, de bonnes relations avec les autres et un lien restauré avec la création. Nous comprenons que Jésus est la descendance promise. La terre promise à Abraham, qui rappelait la beauté de l’Éden, trouve elle aussi son accomplissement en Christ. Même si notre texte montre d’abord la fidélité de Dieu envers les descendants d’Abraham, il nous rappelle aussi sa fidélité envers nous, qui sommes devenus enfants d’Abraham par la foi.

L’application pour nous est évidente : nous sommes un peuple béni. Il nous arrive de nous laisser submerger par les difficultés du quotidien. Nous pouvons traverser des tensions relationnelles, des peines de cœur, des problèmes financiers ou des soucis de santé. Nous ne devons pas balayer ces souffrances par de pieuses formules spirituelles. Toutes ces épreuves nécessitent le soutien d’une communauté solide et d’amis fidèles pour prendre soin de nous. Et pourtant, le chrétien reste béni, même au plus fort de l’épreuve. Nous possédons toutes les bénédictions spirituelles en Christ. Nos souffrances ne sont que temporaires, et quoi qu’il nous arrive, nous sommes pleinement bénis en Christ. Nous avons reçu les bénédictions de l’Éden. Nous connaissons Dieu comme notre Père. Nous expérimentons le pardon de nos péchés, qui nous séparaient de Dieu et des autres. Nous faisons l'expérience personnelle de l'amour de Dieu pour nous. Cela nous aide à aimer notre prochain et même nos ennemis. C’est cela, la bénédiction divine que personne ne pourra jamais nous enlever.

C’était notre premier point : Dieu bénit son peuple, nous sommes donc profondément bénis.

Genèse 46:31-47:27 — La bénédiction de Dieu pour les nations : Nous sommes bénis pour bénir

Dans Genèse 46:31 à 47:27, la bénédiction de Dieu déborde et s’étend aux autres. Elle ne se limite pas à Jacob et à sa famille. Nous abordons ici le projet de Dieu pour l’humanité entière. Ce serait une grave erreur de penser que Dieu ne s'intéressait qu’au peuple d’Israël dans l’Ancien Testament.

Dans Genèse 1, l’humanité devait être féconde, se multiplier et remplir la terre de personnes créées à l’image de Dieu pour lui rendre gloire. Dieu voulait, et veut toujours, accorder sa bénédiction à des hommes et des femmes qui l’adorent sur toute la surface de la terre. Ce désir est répété à Noé dans Genèse 9. Dieu a également béni Abraham. Il lui a annoncé qu’en lui, toutes les familles de la terre seraient bénies. Il lui a promis de bénir tous ceux qui le béniraient. Par moments, Abraham a manqué à sa mission de bénir les nations. À d’autres moments, il s’est montré exemplaire, notamment lorsqu’il a intercédé en faveur de Sodome et Gomorrhe. Dans Genèse 20, Abraham prie pour les nations. Dans Genèse 21, l’alliance de paix conclue entre Abraham et Abimélek illustre cette paix partagée avec les nations. Nous constatons que Dieu bénit effectivement Abraham et Israël, mais cette bénédiction est toujours destinée à faire du bien au monde entier.

Genèse 46:31-47
Dans Genèse 47:6, le Pharaon dit à Joseph que sa famille peut s’installer dans « ce que le pays a de meilleur ». Il s’agit du pays de Goshen.[iv] Dans Genèse 12:3, Dieu avait promis à Abraham : « Je bénirai ceux qui te béniront. » Selon Genèse 47:7, Joseph présente son père Jacob au Pharaon. Et dans Genèse 47:10, Jacob bénit le Pharaon. Ceux qui bénissent Jacob seront bénis à leur tour. Le Pharaon accueille Israël dans la meilleure région, et en retour, Jacob appelle sur lui la bénédiction de Dieu.

Les deux premiers chapitres de la Genèse nous aident à comprendre ce qu’est une bénédiction. La bénédiction est étroitement liée à la vie et à la fécondité. Dans Genèse 1, Dieu bénit les êtres humains pour qu’ils étendent leur autorité en faisant grandir la vie et la prospérité. Ici, la bénédiction de Jacob exprime le souhait que le Pharaon connaisse une vie abondante et féconde. Elle exprime aussi le désir que les décisions du Pharaon favorisent la vie et le bien-être de son peuple. Jacob ne se contente pas de bénir le Pharaon : dans Genèse 47:13-27, Joseph nourrit toute l’Égypte. Joseph devient l’instrument par lequel Dieu déverse sa bénédiction sur les nations. Selon Genèse 47:13, il n’y avait plus de nourriture, ni dans le pays de Canaan — la Terre promise —, ni dans tout le pays d’Égypte, à cause de la sévérité de la famine. Selon Genèse 47:14, Joseph récolte tout l’argent disponible en échange du blé. Selon Genèse 47:16, lorsque l’argent vient à manquer, Joseph accepte les troupeaux en échange de grain. Selon Genèse 47:17, le peuple lui amène chevaux, brebis, bœufs et ânes.[v] Une fois leurs animaux donnés, les Égyptiens ne possèdent plus que leur propre personne et leurs terres. Ils proposent alors de devenir serviteurs et de céder leurs terres contre du grain ; puis, selon Genèse 47:21, Joseph les réinstalle sur ces terres pour qu’ils puissent les cultiver. Selon Genèse 47:23, Joseph leur fournit de la semence à condition qu’ils reversent un cinquième de la récolte au Pharaon. On pourrait avoir l'impression que Joseph profite de la situation, mais le peuple lui exprime une profonde gratitude dans Genèse 47:25 : « Tu nous as sauvé la vie ! Que notre seigneur nous accorde sa faveur, et nous serons les serviteurs du Pharaon ! »

Application
La leçon pour nous est claire : la Genèse montre à maintes reprises que Dieu bénit les nations. Avant l’apparition du péché, Dieu voulait que la terre soit remplie d’hommes et de femmes qui l’adorent. Malgré le péché, ce désir de Dieu reste inchangé. Dieu a choisi Abraham pour être le canal de sa bénédiction pour le monde.

Dans Genèse 14:13, les Cananéens Eschcol et Aner concluent une alliance avec Abraham et s’installent à ses côtés sur les hauteurs de Mamré, dans un cadre qui rappelle l’Éden. Dans Genèse 26, Abimélek conclut une alliance de paix avec Isaac et ils partagent un repas ensemble. L’histoire de Joseph résume à elle seule toute l’histoire du salut.

Nous avons déjà vu dans les chapitres précédents que, face au péché, Joseph préfigure le juste qui sera trahi par ses propres frères. Il traversera des épreuves, sera tenté, mais réussira le test. Il descendra dans la fosse de la mort avant d’être élevé au plus haut rang pour gouverner et sauver le monde. La famine qui frappe l’Égypte est une image du déluge, annonçant le jugement dernier. Joseph apparaît comme un nouveau Noé qui annonce notre Sauveur Jésus. La maison du Pharaon ressemble à une arche, préfigurant le refuge que nous trouvons sous la croix du Christ. À travers Joseph, Dieu préserve un reste de l'humanité, gardé en sécurité pendant cette crise, mis à l’abri avec de la nourriture et des animaux.[vi]

Joseph apporte le salut, et les gens viennent à lui en apportant leurs richesses. Pour les chrétiens, ce récit s'explique à la lumière de l'œuvre du Christ. Dieu a béni Israël, et aujourd’hui, nous qui ne sommes pas juifs, nous venons à notre Sauveur — figuré par Joseph —, notre Seigneur Jésus-Christ, en lui offrant nos trésors, nos biens, et notre vie entière pour le servir. Notre présence, pour tous ceux qui n’ont pas d’origines juives, est la preuve que Dieu bénit les nations. L’image de l’Égypte venant apporter ses richesses à Joseph annonce le jour où les nations viendront offrir leurs trésors pour adorer le Christ, comme l’ont prophétisé les Écritures (Ésaïe 60:5-11 ; Aggée 2:6-8 ; Zacharie 14:14). Aujourd’hui, notre désir est de voir cette bénédiction toucher encore plus de monde. Nous souhaitons que davantage de personnes apportent leurs trésors au Christ.

C’est pour cela que nous implantons des Églises et que nous nous engageons dans la vie de l’Église localement. Cela passe par une présence attentive auprès des autres, en prenant soin d’eux, en partageant l’espérance de l'Évangile dès que l'occasion se présente, et en les invitant à rejoindre notre communauté. Nous avons un rôle similaire à celui de Joseph dans le cadre de la Grande Mission. Nous pouvons commencer très simplement, en faisant preuve de gentillesse les uns envers les autres. En tant qu'Église, 10 % de nos ressources financières sont redistribuées pour soutenir d’autres œuvres chrétiennes. C’est l’une des manières dont la bénédiction que Dieu nous donne déborde sur les autres. Notre Église soutient notamment une implantation d’Église en Roumanie, un ministère étudiant francophone, des camps de vacances (Interaction) ainsi qu’une maison d’édition chrétienne francophone pour encourager la diffusion de l’Évangile.

Genèse 47:28-31 — La bénédiction de Dieu au-delà de la tombe

La bénédiction de Dieu apporte la vie et la fécondité. Nous constatons que nous bénéficions de la bénédiction divine. Nous sommes bénis afin de bénir les autres. Mais nous comprenons aussi que ce que nous vivons aujourd’hui n’est qu’un début. Le meilleur reste à venir.

Si Israël trouve refuge dans l’arche de Goshen pour échapper à cette famine meurtrière, cette situation n’est que temporaire. Le nouvel Éden d’Israël ne devait pas se trouver en Égypte, mais bien dans la Terre promise. Dieu protège son peuple durant la famine, mais Israël garde les yeux fixés sur l'Éden promis dans leur pays.

Jacob demande à être enterré en Canaan. Il continue de placer sa foi dans les promesses de Dieu. Joseph manifeste la même espérance à la fin de la Genèse. Il demandera que ses ossements soient ramenés dans le pays de Canaan lorsque Dieu y ramènera son peuple. Leurs regards se portent bien au-delà d’une simple protection contre la famine.

Genèse 47:28-31
Selon Genèse 47:28-31, Jacob sent sa mort approcher. Il fait appeler Joseph et lui demande de ne pas l’enterrer en Égypte, me de le reposer auprès de ses pères. Joseph s’engage à respecter sa volonté.

Dans Genèse 23, après la mort de Sarah, Abraham avait acheté un tout petit terrain dans la terre promise. Abraham avait ainsi reçu un premier acompte du pays qui reviendrait à sa descendance. La demande de Jacob d’être enterré auprès de ses pères est un acte de foi envers les promesses divines. Avant la descente de Jacob en Égypte, Dieu lui avait promis qu’il l’en ferait remonter.

God avait promis cette Terre à Abraham, Isaac et Jacob. Jacob souhaite reposer dans ce pays où il sait que son peuple vivra un jour. Ce lieu de sépulture rappelle le jardin d’Éden. Il se situe près de l’endroit où Abraham offrait des sacrifices, sur une hauteur connue pour ses arbres. C’est un sommet qui évoque l’Éden. Le tombeau lui-même est une grotte appelée la grotte de Macpélah. Une grotte est une ouverture dans le roc, mise à nu. Et le nom Macpélah signifie « doublement », « couple » ou « paire ». Dans son ensemble, la grotte de Macpélah se trouve dans les montagnes entourées d’arbres et évoque un couple mis à nu. Tout cela rappelle Adam et Ève dans le jardin d’Éden. Tout comme Abraham a rejoint les siens dans ce lieu évoquant l’Éden dans Genèse 25:8, et Isaac dans Genèse 35:29, Jacob désire à son tour rejoindre son peuple dans ce cadre édénique. C’est une manière de signifier que la mort nous fait retourner vers le paradis d'Éden.

Application
Le souhait de Jacob d’être enterré avec ses pères exprime sa confiance dans la promesse de Dieu de ramener son peuple sur la Terre promise. Cette image nous enseigne une leçon importante : alors que nous bénéficions des bénédictions de Dieu en Christ en attendant son retour, nous savons que le plus grand reste à venir. Nous avons l’espérance de la gloire et d’une vie éternelle dans le nouvel Éden, pour toujours.

La conception de la vie après la mort dans le Nouveau Testament s’appuie sur des passages comme celui-ci dans la Genèse. Dans la parabole de Jésus sur Lazare et l’homme riche dans Luc 16, Lazare, à l’image d’Isaac et de Jacob, rejoint ses ancêtres et se retrouve aux côtés d’Abraham. Au brigand sur la croix, Jésus déclare dans Luc 23:43 : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Le mot paradis est le terme grec pour désigner un jardin. Jésus lui promet ainsi : « Tu retourneras avec moi dans le Jardin, ce lieu semblable à l’Éden où tu seras rassemblé avec ton peuple. » Dans le livre de l'Apocalypse, la mort des croyants est décrite ainsi dans Apocalypse 14:13 : « Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! » « Oui, dit l'Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent ! » Il s'agit du repos du jardin d’Éden, du Paradis. Dans Philippiens 1:23, Paul parle de la mort comme d'un départ pour être avec le Christ. Dans 2 Corinthiens 5:8, il explique qu'il préfère quitter ce corps pour être auprès du Seigneur. Ce thème de la présence auprès de Dieu rappelle ce qu'était la vie dans l’Éden. Même si nous goûtons à la bénédiction de Dieu aujourd’hui, nous attendons encore davantage.

Vers l’an 125 apr. J.-C., un Grec nommé Aristide écrivait à l'un de ses amis pour lui parler de cette nouvelle foi, le christianisme. Voici une phrase tirée de l'une de ses lettres : « Si un juste vient à quitter ce monde parmi les chrétiens, ils se réjouissent, rendent grâce à Dieu et accompagnent son corps avec des chants de louange, comme s’il se rendait simplement d'un endroit à un autre tout proche. »[vii] La bénédiction de Dieu s’étend sur nous, bien au-delà de cette vie terrestre.

Conclusion
God reste fidèle à ses promesses, de sorte que ses élus sont pleinement bénis. Nous sommes bénis. Nous sommes bénis afin d’être une source de bénédiction et de voir la grâce de Dieu atteindre les extrémités de la terre. Et nous sommes également bénis au-delà de la tombe.

Dans notre texte, Dieu rappelle à Jacob la promesse de sa présence, la promesse de la terre et celle d’une descendance. Dieu protège son peuple au pays d’Égypte pendant la famine. Le peuple de Dieu partage cette bénédiction avec les nations. Jacob bénit le Pharaon, et Joseph préserve la vie des Égyptiens durant la crise. Mais il y a encore de plus grandes bénédictions à venir. La maison du Pharaon a servi d’Éden temporaire pendant la famine. On y trouvait de la nourriture en abondance, des animaux, et les vies y étaient épargnées. Mais Jacob aspirait à voir la fidélité de Dieu s’accomplir pleinement. Tout comme il languissait après la Terre promise qui rappelait l’Éden, nous aspirons nous aussi à retrouver ce Jardin-Paradis après la mort aux côtés du Christ, et nous attendons l’accomplissement ultime des promesses faites à Abraham dans le Nouvel Éden, la Nouvelle Création, les Nouveaux Cieux et la Nouvelle Terre.

En tant que bénéficiaires de la bénédiction de Dieu, nous pouvons vivre différemment, même dans les plus petites choses. Nous sommes bénis pour bénir. Commençons à notre échelle. Un homme marchait un jour dans la rue lorsqu'un mendiant l’arrêta pour lui demander de l’argent. L'homme chercha une pièce dans ses poches, mais n'en trouvant pas, il lui dit avec regret : « S’il te plaît, ne m’en veux pas, mon frère, je n’ai rien sur moi. Si j’avais quelque chose, je te le donnerais de bon cœur. » Le visage du mendiant s’illumina alors, et il répondit : « Tu m’as donné bien plus que ce que je te demandais. Tu m’as appelé ton frère. »[viii]

Nous sommes bénis pour être une bénédiction.








[i] Nous voyons en Joseph un nouvel Adam qui annonce Jésus, le dernier Adam. Dans Genèse 1, Dieu a créé l’humanité à son image pour régner sur le monde en son nom. Dans Genèse 41, le Pharaon, considéré comme un dieu en Égypte, établit Joseph pour gouverner son royaume. Ce schéma annonce le Christ, le dernier Adam, image du Dieu invisible, qui règne avec justice. Le gouvernement de Joseph, qui sauve la vie d'un grand nombre, préfigure le règne salvateur du Christ. Nous avons également observé des parallèles entre Noé (le nouvel Adam) et Joseph (un autre nouvel Adam). Le déluge du temps de Noé et la famine du temps de Joseph sont décrits de manière identique. De la même façon que ceux qui ont trouvé refuge auprès de Noé ont été sauvés, ceux qui trouvent refuge auprès de Joseph le sont aussi. Ce schéma annonce la situation de ceux qui trouvent leur abri en Christ face au jugement à venir. Le grand déluge et la grande famine ultimes représenteront le jugement final contre tout péché, jugement dont Jésus est le seul refuge. Ces parallèles entre Adam, Noé, Abraham, Isaac, Jacob et Joseph nous invitent à comprendre ce qui reste vrai aujourd’hui : Dieu est saint et juste. Il punit le péché. Mais il est aussi miséricordieux et offre le salut à tous ceux qui lui font confiance et cherchent un abri sous ses ailes.

[ii] Les thèmes de la mort et de la vie se croisent ici. Le verset 30 se conclut comme la section avait commencé. Jacob s'exclame : « Que je meure maintenant, puisque j'ai vu ton visage et que je sais que tu es encore vivant ! »

[iii] La portée du chiffre 70 : Genèse 46:5-27 recense l'ensemble de la famille de Jacob. Ils sont 70 au total. La dernière fois qu'il a été question de 70 personnes, il s'agissait des 70 nations issues des survivants du déluge dans Genèse 10. Dans Genèse 12:3, Dieu annonce à Abraham qu'il bénira ces 70 nations. Ici, dans Genèse 46, la famille de Jacob compte 70 membres. Dieu va ainsi bénir les 70 nations à travers ce groupe de 70 personnes.

[iv] Dans Genèse 46:31 à 47:12, Joseph assure le ravitaillement d'Israël. Dans Genèse 46:31-34, Joseph explique son plan pour les installer dans le pays de Goshen. Ils doivent déclarer qu'ils sont bergers afin de garantir qu'ils resteront à l'écart des Égyptiens. Le plan fonctionne parfaitement.

[v] Cette énumération des animaux rappelle la façon dont la maison du Pharaon sert de sanctuaire-arche au milieu de la famine et du « déluge ».

[vi] Alors que les enfants de Noé se sont dispersés pour former la totalité des peuples avec les 70 nations de Genèse 10-11, la famille de Jacob compte désormais 70 personnes et accomplit son rôle : être une bénédiction pour le monde.

[vii] Tan, P. L. (1996, c1979). Encyclopedia of 7700 illustrations : A treasury of illustrations, anecdotes, facts and quotations for pastors, teachers and Christian workers. Garland TX: Bible Communications.

[viii] Tan, P. L. (1996, c1979). Encyclopedia of 7700 illustrations : A treasury of illustrations, anecdotes, facts and quotations for pastors, teachers and Christian workers. Garland TX: Bible Communications.

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