20261011 Genèse 48:1–49:28 : Que le Seigneur vous bénisse

 Que signifie bénir ? Quand quelqu'un éternue et que vous dites « À vos souhaits » ou « Que Dieu vous bénisse », qu'entendez-vous par là ? S'agit-il simplement d'une formule creuse, ou désirez-vous vraiment quelque chose pour cette personne ? Lui souhaitez-vous la bonne santé, l'abondance, le réconfort et la richesse ? Pourquoi pas ?

Ma théorie est que, sur le plan biblique, la bénédiction correspond à ce que Dieu a offert en Éden. La vie en Éden est une vie bénie. Prononcer une bénédiction, c'est exprimer le désir de voir cette vie d'Éden s'accorder à quelqu'un. La bénédiction de Dieu pour l'humanité au chapitre 1 de la Genèse était : « Soyez féconds, multipliez-vous et gérez la vie édenique ! »

Les bénédictions de l'Éden sont ce à quoi chaque cœur humain aspire profondément. Nous désirons un monde d'abondance où l'on peut jouir des bonnes choses sans tomber dans l'excès. Nous aspirons à une intimité vraie et sans honte. Nous recherchons le plaisir sain et la beauté. La vie en Éden, c'est la paix spirituelle avec Dieu. C'est la paix intérieure au plus profond de soi. C'est la paix relationnelle les uns avec les autres. C'est la paix harmonieuse avec notre environnement, notre culture et le monde qui nous entoure.

Une bénédiction est l'expression d'un désir de voir Dieu offrir et multiplier la vie de l'Éden dans et à travers une personne, afin qu'il y ait plus de joie en Dieu, plus de paix intérieure, des relations plus saines et une meilleure appréciation des dons de Dieu dans la création. Dans un monde marqué par le péché, une bénédiction est l'expression d'un espoir dans la rédemption de Dieu et dans la Nouvelle Création. Lorsque Dieu bénit, il offre ce genre de vie ou s'engage à agir chez quelqu'un pour la lui apporter. Et lorsque nous bénissons, nous exprimons le souhait ardent que Dieu accorde sa bénédiction. Plus encore, si nous sommes sincères, nous nous engageons à favoriser cette vie d'Éden chez la personne que nous bénissons. Ainsi, chaque fois que quelqu'un éternue et que vous lui dites « Que Dieu te bénisse ! », que ces mots ne soient pas vides de sens. Prenez conscience de toute la portée de ce que vous dites !

Dans Genèse 48 et 49, les paroles de Jacob à ses enfants sont appelées des bénédictions en Genèse 49:28, même si elles contiennent aussi des reproches, des avertissements et des jugements. Les paroles de Jacob sont également prophétiques et s'accompliront dans l'histoire des douze tribus. Nous verrons que ces chapitres s'inscrivent parfaitement dans le cadre des bénédictions édeniques. Ces bénédictions finales font écho à celles du début de la Genèse, aux chapitres 1 et 2. Ces bénédictions qui encadrent le livre de la Genèse nous rappellent l'un de ses thèmes centraux : Dieu va bénir le monde. La répétition du thème de la bénédiction dans la Genèse montre clairement l'intention de Dieu. Dieu va restaurer le monde. À mesure que ce thème se développe, la bénédiction devient de plus en plus précise. Genèse 48 et 49 offrent l'image la plus claire à ce jour de la manière dont Dieu va sauver le monde et rétablir l'Éden sur la terre.

Genèse 48 et 49 nous montrent comment Dieu bénira le monde : à travers Israël et par un Roi messianique issu de la tribu de Juda, qui régnera à la manière de Joseph. Nous examinerons : (1) les bénédictions de Dieu pour les nations, (2) la bénédiction de Dieu à travers Israël, et (3) la bénédiction de Dieu à travers un Roi de la lignée de Juda qui règne comme Joseph.

 

Premièrement, dans Genèse 48, nous voyons la bénédiction de Dieu pour les nations à travers la bénédiction d'Éphraïm.

La bénédiction que Jacob accorde à ses deux petits-fils dans Genèse 48 révèle la bénédiction de Dieu pour l'ensemble des nations.

 

Genèse 48

L'adoption des nations

Le projet de Dieu est de bénir le monde entier. Il va le réaliser à travers la famille de Jacob. Quelque chose d'incroyable se produit au chapitre 48 de la Genèse : à sa manière, Jacob intègre les nations au peuple d'Israël.

Dans Genèse 48:3-4, Jacob se rappelle la promesse de Dieu de faire de lui « une assemblée de peuples ». Puis, en Genèse 48:5, il adopte les enfants mi-égyptiens de Joseph afin qu'ils héritent de la bénédiction de Dieu au même titre que ses propres fils. Ainsi, deux des demi-tribus d'Israël sont à moitié égyptiennes, ce qui équivaut à toute une tribu d'Israël d'origine étrangère.

Cette intégration de l'Égypte annonce les paroles prophétiques d'Ésaïe 19:16-25 : « 21 Et le SEIGNEUR se fera connaître des Égyptiens, et les Égyptiens connaîtront le SEIGNEUR en ce jour-là ; ils le serviront avec des sacrifices et des offrandes, ils feront des vœux au SEIGNEUR et les accompliront. … 24 En ce jour-là, Israël sera le troisième associé à l'Égypte et à l'Assyrie, une bénédiction au milieu de la terre, 25 que le SEIGNEUR des armées bénira en disant : 'Bénie soit l'Égypte, mon peuple, et l'Assyrie, l'ouvrage de mes mains, et Israël, mon héritage !' »

 

La bénédiction des nations

Dans Genèse 48:9, Jacob dit à Joseph qu'il souhaite bénir ses deux fils adoptifs. Cela signifie qu'à travers ses deux fils, Joseph reçoit une double part de bénédiction. Selon Genèse 48:10, Jacob est devenu comme son père Isaac : sa vue a baissé (Genèse 48:10 comparez avec 27:1) et il déclare le plus jeune plus grand que l'aîné.[i] Jacob prononce cette bénédiction : « Qu'ils multiplient abondamment au milieu de la terre ! » Et au verset 19 : « Son frère cadet sera plus grand que lui, et sa descendance deviendra une multitude de nations. » Joseph est honoré à tel point que, selon Genèse 48:20, « Israël bénira en disant : Que Dieu te rende comme Éphraïm et comme Manassé ! »

Cette bénédiction accordée à deux garçons mi-égyptiens jouera un rôle clé dans la bénédiction future des nations. Tout d'abord, Éphraïm deviendra la tribu dominante du royaume du Nord. Elle sera la plus nombreuse (Josué 17:14-18). Des rois seront issus d'Éphraïm et de Manassé. Éphraïm deviendra si puissante que le nom « Éphraïm » servira souvent à désigner « Israël » ou le « Royaume du Nord ».

La deuxième manière dont la bénédiction de Jacob s'accomplit, c'est qu'Éphraïm se dispersera parmi les nations. En guise de jugement contre un Israël pécheur, Dieu les dissipe parmi les peuples (Amos 9:9). Cette dispersion parmi les nations est une punition, mais elle devient aussi un moyen de salut pour ces mêmes nations. Après la dispersion d'Éphraïm parmi les peuples, Ézéchiel a la célèbre vision de la vallée des ossements desséchés. Ézéchiel 37:15-28 parle d'une vision avec deux morceaux de bois : l'un représente Juda et l'autre Joseph ou Éphraïm dispersé parmi les nations. La prophétie annonce qu'après avoir été dispersés, les deux seront à nouveau réunis sous l'autorité du Roi messianique. Dans le Nouveau Testament, cette réunion des deux en Christ désigne l'intégration des non-Juifs dans l'Église (Éphésiens 2:11-14). Alors qu'Ézéchiel dit au sujet du royaume du Nord et du royaume du Sud dans Ézéchiel 37:22 : « ils ne formeront plus deux nations et ne seront plus divisés en deux royaumes », Paul écrit au sujet des non-Juifs et des Juifs dans Éphésiens 2:14 : « Car il est lui-même notre paix, lui qui des deux n'en a fait qu'un, en renversant le mur de séparation qui les // séparait ». On voit bien l'histoire d'Éphraïm pour la bénédiction des nations : Dieu les a rendus nombreux, il les a dispersés pour les corriger, et dans leur dispersion, ils se sont mêlés aux nations. Puis, en les restaurant en Christ, il a attiré avec eux les nations à la connaissance du Christ.

 

Application

Alors, quel est le rapport pour nous aujourd'hui avec l'adoption des Égyptiens par Jacob ou la bénédiction d'Éphraïm ? Nous qui ne sommes pas juifs de naissance, nous sommes la preuve que Dieu bénit le monde entier. Cette bénédiction, c'est la vie de l'Éden offerte en Christ à tous ceux qui font partie des nations.

À cause du péché, nous avons été privés de la vie d'Éden. Nous avons perdu notre relation avec Dieu, notre paix intérieure et des relations fondées sur la grâce. Nous jouons au plus fort et exploitons la création au lieu d'en être des gérants humbles et responsables. En Christ, le pardon des péchés nous réconcilie avec Dieu. Le pardon des péchés nous réconforte et soulage notre honte. Le pardon des péchés est le fondement de relations restaurées où règne le pardon. Le pardon des péchés nous transforme : d'exploiteurs, nous devenons des gardiens pris de soin pour le monde qui nous entoure.

Voilà le plan de rédemption de Dieu, et Dieu aime toutes les nations. Un jour, l'Égypte sera appelée « mon peuple », elle qui avait pourtant réduit Israël en esclavage. La bénédiction de Dieu pour l'Égypte signifie que sa bénédiction s'adresse à tous. Si nous croyons à la bénédiction de Dieu pour les nations, les chrétiens n'ont pas d'ennemis humains. Nous devons être un peuple qui aime toutes les personnes, sans distinction. Nous devons être une Église qui ne se contente pas d'annoncer la bénédiction de Dieu en Christ, mais qui s'engage aussi pour que cette bénédiction se répande par la mission.

Dans notre église, 10 % des dons reçus sont redistribués pour soutenir financièrement d'autres œuvres chrétiennes. C'est l'une des façons dont nous voyons la bénédiction de Dieu déborder de chez nous vers les autres. Notre église soutient l'implantation d'une église en Roumanie, un ministère chrétien francophone auprès des étudiants universitaires, les camps Interaction ainsi qu'une maison d'édition chrétienne francophone pour aider à diffuser l'Évangile. Un auteur a écrit un jour : « C'est un Juif qui a apporté l'Évangile à Rome ; un Romain qui l'a porté en France ; un Français qui l'a fait connaître en Scandinavie ; un Écossais qui a évangélisé l'Irlande ; et un Irlandais qui a ensuite entrepris la conquête missionnaire de l'Écosse. Aucun peuple n'a jamais reçu l'Évangile autrement que par les mains d'un étranger. »[ii] Beaucoup d'entre nous sont des étrangers qui vont à la rencontre d'autres étrangers. Notre mission est d'aimer au nom de Jésus, par nos paroles et par nos actes. Nous encourageons la vie d'Éden : la paix avec Dieu, la paix intérieure et la paix relationnelle.

 

Deuxièmement, dans Genèse 49, nous voyons la bénédiction de Dieu à travers Israël.

Genèse 49 rassemble les paroles de Jacob adressées à ses fils. Jacob commence en Genèse 49:1 : « Assemblez-vous, et je vous annoncerai ce qui vous arrivera dans la suite des temps », ou « dans les derniers jours ». Les paroles et les bénédictions de Jacob décrivent une partie de l'histoire d'Israël que l'on retrouve dans les livres de Josué, des Juges, de Samuel, et même au-delà de l'exil à Babylone. L'enseignement principal est que Dieu agit à travers Israël dans son ensemble, et pas seulement par la ligne de Juda, la lignée du Messie.

 

Genèse 49

Les trois premiers fils semblent recevoir une malédiction plutôt qu'une bénédiction. Cela fait suite aux événements racontés dans Genèse 33 et 34. Ruben a couché avec la concubine de son père, tandis que Siméon et Lévi ont fait preuve d'une grande violence à Sichem.

Ruben a ainsi perdu son droit d'aînesse et la double part de bénédiction qui l'accompagnait. Dans tout l'Ancien Testament, aucun grand dirigeant, roi ou juge n'est issu de la tribu de Ruben. Siméon et Lévi se retrouvent dispersés en Israël : Siméon sera absorbé dans le territoire de Juda, tandis que les Lévites serviront comme prêtres répartis dans tout le pays. Issakar jouira d'une bonne terre, mais subira de fréquentes invasions.

Dan et Gad devront eux aussi lutter contre leurs ennemis.[iii]

Aser est associé aux délices royaux, un mot formé sur la même racine hébraïque que le mot « Éden ». Aser sera réputé pour son huile d'olive abondante (Deutéronome 33:24). Nephtali sera béni par de vaillants guerriers qui aideront à établir la paix (Juges 4-5).

Puis Joseph, tout comme Juda, se distingue par une bénédiction plus longue. La bénédiction de Joseph préfigure le fait qu'Éphraïm deviendra la tribu la plus puissante et la plus influente du Royaume du Nord.

Enfin, Benjamin est comparé à un loup dévorant. La tribu de Benjamin sera reconnue pour sa grande valeur militaire (Juges 20:16 ; 1 Samuel 9).

 

Application

Je dois avouer qu'avant de prendre le temps d'étudier plus en détail Genèse 49, je ne m'intéressais qu'aux paroles de Jacob destinées à Juda. Je voyais ce chapitre uniquement comme l'une des plus grandes prophéties messianiques, en négligeant le reste.

Pourtant, les bénédictions accordées aux autres tribus ont une grande valeur pour nous aujourd'hui dans l'Église. Le Messie ne vient pas seulement accomplir la bénédiction promise à Juda : il est comme un diamant qui incarne Israël dans toute sa diversité. Le Messie sera un Roi comme David, issu de la tribu de Juda. Mais Jésus remplit aussi le rôle sacerdotal de Lévi. Et il participe à la bénédiction des nations qui se déploie à travers Éphraïm. La nation d'Israël dans son ensemble avait été choisie pour être un royaume de prêtres. Tous ensemble, ils devaient être le serviteur de Dieu et son instrument pour annoncer le salut au monde. Toute la nation a son importance, même si le Messie devait venir de la tribu de Juda.

Parfois, dans l'Église, nous avons tendance à classer les rôles entre ce qui est important et ce qui l'est moins. Nous pensons que certaines fonctions comptent plus que d'autres. La vérité est que Dieu donne à chacun des dons pour construire son Église, de sorte que chaque personne est importante. Moïse, Aaron, Samuel et Jean-Baptiste étaient des Lévites. Josué et Débora étaient de la tribu d'Éphraïm. Samson venait de Dan. Gédeón était de Manassé. Et Anne, dans Luc 2:36, était de la tribu d'Aser.

Nous avons tous un rôle à jouer. De même que tout Israël avait un rôle à jouer pour apporter la bénédiction aux nations, nous avons tous notre place aujourd'hui dans l'Église. Pour ceux d'entre nous qui n'ont pas grandi dans une église, ce dont nous nous souvenons le plus de notre première visite, ce n'est pas forcément le sermon, mais la personne qui nous a accueillis avec chaleur. Nous avons tous un rôle essentiel.

 

Troisièmement, dans Genèse 49:8-12, nous voyons la bénédiction de Dieu à travers un Roi issu de Juda, qui régnera à la manière de Joseph.

Concentrons-nous maintenant sur la bénédiction de Juda. Joseph a été le personnage principal de toute la dernière partie de la Genèse. Cependant, Juda a joué lui aussi un rôle déterminant.

Dans Genèse 37, c'est Juda qui a eu l'idée de vendre Joseph comme esclave. Le chapitre 38 de la Genèse est entièrement consacré aux infidélités et aux mensonges de Juda. Puis, au chapitre 44, Juda propose de se donner en sacrifice à la place de Benjamin. Ce geste d'abnégation montre un véritable changement de cœur. À présent, Genèse 49:8-12 le distingue nettement de ses frères. Reprenons la bénédiction de Jacob à Juda expression par expression.

 

Genèse 49:8-12

Genèse 49:8 dit : « Juda, tes frères te loueront. » C'est un jeu de mots sur le nom de Juda, qui signifie « Louange ». La phrase suivante, « Ta main sera sur le col de tes ennemis », fait écho à la promesse du Messie dans Genèse 3:15, rattachant Juda au Sauveur du monde. Poser la main sur le col de ses ennemis revient à leur écraser la tête du talon. La formule « Les fils de ton père se prosterneront devant toi » a de quoi nous surprendre. Dans les rêves de Joseph, c'était devant Joseph que ses frères se prosternaient. Cette bénédiction associe donc Juda et Joseph pour montrer que le Messie issu de Juda régnera comme Joseph en Égypte. Comme Joseph, le Messie sera choisi. Il traversera l'épreuve, la surmontera, sera trahi, descendra au plus bas avant d'être élevé pour régner et sauver le monde.

Genèse 49:9-10 évoque la puissance de Juda, son règne et son jugement sur les nations. La bénédiction promise à toutes les nations par Abraham s'accomplira par un roi juste. L'image du lion au verset 9 illustre la force de ce roi. Au verset 10, le sceptre et le bâton de commandement désignent son règne et son autorité sur les peuples. Ce sceptre ne quittera pas la tribu de Juda jusqu'à ce que le Messie vienne.

Dans Genèse 49:11-12, le règne du Messie est décrit avec le vocabulaire de l'Éden. Au verset 11, on attache des ânesses à la vigne. Personne ne fait cela d'ordinaire, car la vigne est fragile et l'âne risque de la détruire. Cette image symbolise l'abondance extraordinaire de l'ère messianique. Les vêtements lavés dans le vin prennent une couleur pourpre royale. Enfin, au verset 12, les yeux sombres et les dents blanches sont des symboles de santé, de force et de prospérité.

Associée à Genèse 3:15, qui promet celui qui écrasera le serpent, cette bénédiction de Genèse 49:8-12 constitue un texte prophétique messianique fondamental. Dans Nombres 24, Balaam prophétise qu'aux derniers jours, un souverain portant un sceptre royal surgira d'Israël et écrasera les princes de Moab. Cette prophétie reprend le langage des chapitres 3 et 49 de la Genèse. En Deutéronome 31 à 33, Moïse prononce lui aussi des bénédictions et parle des derniers jours ; il utilise l'image du lion et de la victoire sur les ennemis, mais cette fois-ci, c'est Dieu qui est présenté comme Roi.[iv] Ainsi, dès les premiers livres de la Bible, l'idée d'un Roi à la fois humain et divin qui viendra aux derniers jours est déjà présente. Plus tard, les prophéties messianiques s'appuieront sur ces textes fondateurs. Selon le Psaume 2:8, le Messie issu de Juda régnera sur toutes les nations. Dans Daniel 7:13-14, le Fils de l'homme reçoit l'autorité sur tous les peuples. Apocalypse 5:5 présente Jésus comme « le Lion de la tribu de Juda, le Rejeton de David, qui a racheté pour Dieu des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. » Ésaïe 63:1-6 reprend l'image des vêtements lavés dans le vin de Genèse 49:8-12, mais ici, le vin sur les habits représente le sang des méchants, illustrant le règne victorieux et le jugement du Messie. Cette même image réapparaît dans Apocalypse 19:11 et 13, où Christ, chevauchant un cheval blanc, est revêtu d'un manteau trempé de sang. Toute cette symbolique prend sa source dans Genèse 49, dans l'attente du règne du Messie.

 

Application

Pourquoi est-ce une bonne nouvelle pour nous ? Après le péché du chapitre 3 de la Genèse, Abraham a été la réponse de Dieu. À travers Abraham, Dieu a promis de renverser les conséquences de la chute. Cela devait se faire par sa descendance : un descendant qui écraserait la tête du diable. Cette descendance passe par Isaac, puis Jacob, et maintenant par Juda. Genèse 49:8-12 nous montre comment répondre à Jésus. Il est celui qui apporte les bénédictions de l'Éden. Il règne. Il triomphera de ses ennemis et punira le mal. Face au jugement de ce Roi, nous sommes appelés à nous détourner de nos péchés. Face au règne du Roi Jésus, nous devons nous soumettre et suivre ses enseignements. Et face à son invitation à profiter des bienfaits de l'Éden, nous pouvons goûter dès aujourd'hui à la paix avec Dieu, à la paix intérieure, à des amitiés profondes et vivre dans ce monde pour les projets de Dieu.

 

Conclusion

Je souhaite conclure par une remarque plus théologique qui apporte un bel encouragement pour notre vie de foi. Alors que nous terminons le livre de la Genèse, nous pouvons nous demander comment l'auteur cherche à relier la fin du livre à son tout début. C'est très éclairant.

La Genèse commence par les mots : « Au commencement ». Et le chapitre 49 se termine en nous parlant de la « suite des temps » ou des « derniers jours ». Le terme traduit par « commencement » dans Genèse 1:1 n'est pas le mot le plus courant pour désigner un début. C'est un mot souvent associé au terme « fin », comme dans l'expression « du commencement jusqu'à la fin » en Deutéronome 11:12. L'expression « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » devrait nous amener à nous demander : « Que se passera-t-il à la fin ? » Genèse 49 répond à cette question. C'est un peu comme en français : quand on entend « Il était une fois », on attend naturellement « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». De la même manière, ce mot pour « commencement » nous oriente vers la fin.

Au commencement, Dieu a créé les cieux et la terre et a établi l'humanité pour en prendre soin. Après notre chute dans le péché, nous attendons de voir ce que Dieu accomplira dans les derniers temps. Au commencement, Dieu a créé l'univers ; mais selon Genèse 49, dans les derniers jours, le Messie vient. Selon Nombres 24, dans les derniers jours, le Messie vient. Selon Deutéronome 31 à 33, dans les derniers jours, le Messie vient, triomphe de ses adversaires, et Dieu règne en Roi. Le livre de la Genèse et l'ensemble des livres de Moïse sont conçus pour orienter le lecteur vers les derniers jours et lui faire attendre la venue du Messie qui sauvera le monde et restaurera l'Éden.

La Genèse est un livre pleinement ancré dans la promesse chrétienne. Selon Genèse 3:15, un descendant viendra un jour écraser le diable. Grâce à ce descendant d'Abraham, toutes les familles de la terre seront bénies. Selon Genèse 15:6, cette bénédiction s'reçoit par la foi, indépendamment de nos mérites. Selon un schéma répété, le Sauveur du monde sera honoré, trahi par ses frères, traversera une épreuve semblable à la mort, avant d'être élevé pour bénir le monde entier. Et selon Genèse 49, un Roi-Lion issu de la tribu de Juda manifestera le règne sauveur de Dieu.

La Bible commence par une bénédiction : Dieu ne cesse d'offrir la vie de l'Éden et de nous montrer comment en jouir et la partager. Nous voyons que Dieu désire cette bénédiction d'Éden pour toutes les nations, en agissant à travers le peuple d'Israël, et tout particulièrement par celui de la lignée de Juda qui régnera à la manière de Joseph.

Lorsque quelqu'un éternue et que vous lui dites « Que Dieu te bénisse », vous pouvez le faire en sachant que Genèse 49 s'accomplit en Christ, pour que nous goûtions aujourd'hui à cette vie d'Éden et que nous la souhaitions à tous. Par la foi en Christ, nous recevons le pardon de nos fautes, ce qui nous apporte la paix avec Dieu, la paix intérieure et la paix avec les autres. C'est cette bénédiction que nous désirons pour le monde entier.

 

[i] C'est la septième fois dans la Genèse qu'il y a une inversion dans l'ordre de la bénédiction : 1. Les animaux terrestres et les humains 2. Caïn et Abel 3. Japhet, Cham et Sem 4. Haran, Nachor et Abram 5. Ismaël et Isaac 6. Ésaü et Jacob 7. Manassé et Éphraïm.

[ii] Tan, P. L. (1996). Encyclopedia of 7700 illustrations.

[iii] Les termes de leurs bénédictions font écho à Genèse 3:15. Entre leurs deux bénédictions, Genèse 49:18 dit : « J'espère en ton salut, ô SEIGNEUR ! »

[iv] Sailhamer, The Meaning of the Pentateuch, p. 471.

 

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